Il n’y a pas que des cétacés dans le Sanctuaire Pelagos: observation rare de 2 groupes de Mobula mobular au large des côtes de San Remo et de Ventimille.

Les 15 et 16 juillet 2014, durant les activités de recherche et de surveillance menées par le CSR – Cetacean Sanctuary Research- de l’Institut Téthys, deux groupes de Mobula mobular ont été repérés (respectivement de 10 et 15 individus), une raie mieux connue en Méditerranée sous le nom de «diable des mers ».

L'observation unique jamais enregistrée auparavant, sauf pour des individus seuls et isolés, s'est produite au large des côtes de San Remo et de Vintimille, à une distance de la côte comprise entre 17 et 22 miles : tous les individus observés avaient une "envergure "(diamètre du disque) d'environ 2 mètres, et ils ont montré un comportement social inhabituel, faisant de nombreux et spectaculaires sauts hors de l'eau.

Les raisons de ce comportement ne sont pas expliquées à ce jour, et les causes peuvent être multiples : comportement de cour, jeu, observation hors de l'eau, poursuite de petits poissons près de la surface, libération de parasites et accouchement.

Ces animaux sont les seuls représentant de la famille des Mobulidi en Méditerranée. Ils se caractérisent par de longues nageoires céphaliques, ils peuvent atteindre 5 mètres de large, bien que la plupart des adultes se situent entre 3,5 et 4 mètres.

Il s'agit d'un "requin plat" qui se nourrit principalement de zooplancton: en Méditerranée, il préfère les mêmes crustacés (Eufasiacee) que le rorqual commun. Il est rencontré essentiellement dans la zone pélagique, généralement isolé.

En raison de sa rareté, de son endémicité (on l’observe seulement en Méditerranée et, éventuellement, dans les eaux de l'Atlantique Nord-Est) et de son taux de reproduction faible (un seul petit à la fois, avec une période de gestation d'environ 24 mois), Mobula mobular est une espèce particulièrement menacée par les prises accidentelles dans les filets dérivants pélagiques, qui sont encore utilisés illégalement en Méditerranée.

L'espèce est classée comme "en danger" dans la Liste rouge de l'UICN, ou à risque élevé d'extinction à l'état sauvage.