Le trafic maritime comprend tous les engins se déplaçant sur la surface de la mer. La majorité d'entre eux peut être classée en deux catégories en fonction de leur taille, activité et distance à la côte.

- D'une part, il s'agit des bateaux de transports de passagers ou de marchandises (ferry, cargo, tanker, porte-conteneurs,…), dont la taille dépasse souvent les 100 mètres, et qui naviguent entre 14 et plus de 40 nœuds. Ils suivent une route précise, parfois invariable tout au long de l'année, alors que le nombre de rotation peut varier : il augmente notablement durant les mois d'été pour les transports de passagers entre les îles de Méditerranée (Corse, Sardaigne) et le continent.

- D'autre part, il concerne les bateaux de plaisance à voile ou à moteur (voilier, yacht,…). Leur taille et leur vitesse sont variables, leur trajectoire est changeante. Leur présence en mer est plus forte durant l'été et ils restent essentiellement proches des côtes.


NB : le whale watching et les Courses sportives sont des cas particuliers du trafic maritime et font l'objet de rubriques à part.

L'observation des cétacés dans leur milieu naturel est une activité à vocation touristique et/ou pédagogique, communément appelée « whale watching ». Apparue dans le courant des années 90 en Méditerranée, elle se pratiquait en Amérique du Nord dès les années 50.

Actuellement, ce sont plus de 10 millions de « whale watchers » dans le monde entier qui pratiquent chaque année cette activité, rapportant ainsi des gains directs (montant des sorties en mer) et connexes (déplacements, hôtellerie, restauration, souvenirs) s'élevant à plus d'un milliard de dollars annuels, contre 504 millions de dollars en 1994.

La Méditerranée n'échappe pas à cet engouement, d'autant plus que sa biodiversité cétologique est relativement riche (13 espèces constituent le peuplement de Méditerranée nord occidentale, dont 8 cétacés facilement observables). En Méditerranée française, le whale watching est en très nette croissance depuis les années 1990. En 2005, il était pratiqué par 23 opérateurs et source d'au moins 1 730 000 d'euros de dépenses touristiques totales.

Les intérêts du whale watching sont nombreux. Parmi eux, on compte une contribution à l'économie locale (revenus directs et indirects de l'activité), à l'éducation et à la sensibilisation à l'environnement marin, à l'amélioration des connaissances sur les cétacés, à la réduction des pressions de la chasse à la baleine en certains endroits du monde, etc.

Toutefois, le whale watching n'est pas toujours réalisé de manière raisonnée et les menaces sur les populations de cétacés sont d'autant plus accrues qu'elles se combinent aux autres menaces d'origine humaine ou naturelle sévissant actuellement sur des espèces écologiquement fragiles.

Non encadré, le whale watching peut constituer une source de perturbations écologiques, alors que, bien géré, il devient un très bon outil de conservation et de sensibilisation à l'environnement, de même qu'il contribue à l'économie locale.

Conscients des enjeux liés au whale watching et désireux d'encadrer cette activité pour favoriser son développement durable, les scientifiques des Accords Pelagos et ACCOBAMS ont commencé à travailler sur ce thème en 2002.

Cliquez ici pour consulter la liste des opérateurs de whale watching engagés dans une démarche durable (Partie française). 

Menaces

Perturbation-harcèlements, bruits, émissions de gaz à effet de serre.

Les activités de recherches in situ, bien que nécessaires, peuvent, si elles sont pratiquées sans certaines précautions, être un facteur de perturbation important pour les mammifères marins.
Certaines techniques sont reconnues par les spécialistes comme étant susceptibles de déranger les mammifères marins, notamment le marquage et le pistage, le prélèvement par biopsie, la capture et l'expérimentation avec des techniques acoustiques actives.
D'autres techniques scientifiques ne sont pas gênantes. Il s'agit par exemple de la photo-identification (si l'on respecte une distance minimale).

Biopsie effectuée par des biologistes. L'échantillon de peau sera analysé pour différentes études telles que la génétique.



 

 

 

 

 

Suivi des déplacements effectués par les cétacés grâce à une balise ARGOS (Système de localisation et de collecte de données par satellite) et par GPS.

Dans le cas du Sanctuaire, il convient d'établir des règles communes pour la pratique de ces activités de recherche. Ces règles comprendront, entre autres, le principe de déclaration et d'autorisation, le respect d'un code de conduite détaillé (comportement en mer, mise à disposition des résultats, labellisation de l'activité au sein du Sanctuaire, recherche de financements) ainsi que les conditions d'octroi de ces autorisations ou labels.

Dans ce contexte, la zone du Sanctuaire pourrait bénéficier, si nécessaire, de mesures plus strictes que celles préconisées dans le cadre de l'ACCOBAMS. Les gestionnaires du Sanctuaire pourraient également apporter leur aide à la décision des trois Parties contractantes dans l'octroi éventuel des dérogations prévues par l'ACCOBAMS.

En matière de recherche, les recommandations avancées sont les suivantes :

  • tout projet de recherche dans le Sanctuaire doit donner lieu à déclaration (en France ou Principauté de Monaco) ou à une dérogation (en Italie) ; 
  • les chefs de projets et chercheurs impliqués doivent suivre une déontologie stricte et s'engager à tout mettre en oeuvre pour minimiser les impacts potentiels lors des interactions avec les cétacés ;
  • les chercheurs doivent s'engager à diffuser les résultats de leurs recherches de façon appropriée à un large public scientifique et technique afin d'éviter toute redondance des études in situ et de faire progresser la connaissance de la meilleure façon possible.

Menaces

Perturbation, harcèlement, stress.

L'objectif du Sanctuaire Pelagos est de "garantir un état de conservation favorable des mammifères marins en les protégeant, ainsi que leur habitat, des impacts négatifs directs ou indirects des activités humaines" (art. 4 de l'Accord). Pour cela, les pays signataires se sont engagés à identifier les menaces que font peser ces activités sur les populations de cétacés et à prendre les mesures appropriées pour les réguler.

Cette partie expose les activités susceptibles d'interagir négativement avec les mammifères marins du Sanctuaire.

Le schéma ci-dessous tente récapituler de manière la plus exhaustive possible les différentes activités humaines ainsi que les conséquences que celles-ci peuvent engendrer sur les populations de mammifères marins.

 

Le littoral du Sanctuaire n’échappe pas à la grande tendance actuelle. En effet, on assiste à une urbanisation et une industrialisation accrue de l'espace littoral, dont le développement ne se fait pas toujours de façon intégrée et durable.

Les deux départements français du continent (Var et Alpes Maritimes), la Corse, la principauté de Monaco et les trois provinces italiennes (Ligurie, Toscane et Sassari en Sardaigne) frontalières avec le Sanctuaire comptabilisent près de 8 millions d'habitants. Ce chiffre n'inclus évidemment pas l'affluence estivale.
La Riviera française (Alpes-maritimes et Monaco) et son million d'habitants a attiré en 2002 plus de 9 millions de touristes (données INSEE) qui ont dépensé plus de 5 milliards d'euros. Pour la partie italienne, c'est environ 10% de la population nationale qui vit autour du Sanctuaire, soit 5,6 millions de personnes (données ISTAT). 
La région Provence-Alpes-Côte d'Azur, première région littorale de France en nombre d'habitants (estimation de l'INSEE : 4 781 000 habitants en 2006), est un bon exemple de cette « littoralisation » puisque l'espace littoral qui représente 10% de la région reçoit globalement 90 % de la population permanente et saisonnière. La Corse n'échappe pas à ce phénomène de « littoralisation », cependant l'île a le privilège, rare dans cette partie de la Méditerranée, de posséder des rivages encore peu urbanisés, avec notamment d'importants secteurs vierges de tout aménagement. Le tourisme est donc une activité décisive pour l'économie du bassin Corso-liguro-provençal, cependant il exerce de fortes pressions sur les ressources naturelles.

De plus, la migration générale de la population vers la zone côtière urbaine implique une recrudescence des besoins en eau, énergie, infrastructures, transports. Des moyens appropriés de traitement des déchets et des eaux usées de la population côtière et des bassins versants doivent être mis en œuvre.
Dès lors, les menaces sur les populations de mammifères marins, leurs espèces associées et leurs habitats sont multiples. Les cétacés sont par exemple susceptibles de contracter des agents pathogènes présents dans les eaux usées, de même que d'ingérer des sacs plastiques rejetés en mer. 

En plus des ouvrages littoraux, il existe d'autres activités anthropiques pouvant avoir un impact sur les cétacés.

Certaines pratiques agricoles en milieu côtier et dans les bassins versants affectent le milieu marin en contribuant à l'érosion des sols, à la déforestation, à la pollution des eaux douces notamment par les engrais, les fongicides et les pesticides. Les modifications du réseau hydrographique au sein des bassins versants par la construction de barrages, de canaux, lacs de retenue peuvent aussi avoir un impact sur la qualité et la quantité d'intrants en eau douce au sein de la zone du Sanctuaire et être à la cause notamment de pollutions telluriques.

Les activités industrielles chimiques, pétrochimiques et métallurgiques ainsi que le traitement des déchets et la régénération des solvants, le traitement de surface des métaux, la production de papier, de peintures et de plastiques, teintures, les imprimeries et les tanneries, les raffineries de pétrole et de gaz, les carrières de sable, de gravier, les forages de puits, les usines de désalinisation et les centrales électriques utilisent les eaux de la Méditerranée ou les eaux douces des bassins versants dans leurs procédés de chaînes de production et leurs rejets. Les impacts peuvent être directs sur les zones côtières par la pollution de l'air et des effluents, et indirects par l'urbanisation et le développement que ces unités suscitent à proximité.

Menaces

Pollutions par les pesticides (DDT, etc.), fertilisants abondants (nitrates, etc.), métaux lourds (mercure, etc.), Polychlorobiphényles (PCBs), agents pathogènes telluriques, les microplastiques, les macro déchets, entraînant des dysfonctionnements physiologiques et autres problèmes de santé.